Le Kutiyattam

DRISTI est inspiré par les Théâtres du Kérala (au sud de l'Inde) et particulièrement par le Kutiyattam.

Kalamandalam Sangeet en personnage d'Hanuman. Killimangalam, 2007.

Cl. Coralie Casassas

De manière générale, les Théâtres du Kérala sont des trésors d'excellence, de beauté et de virtuosité des artistes. Mais alors que nos trésors sont réservés à une élite (car les approcher est très cher, voir le prix d'une place à l'Opéra), les spectacles du Kérala sont joués dans les villages.

Cette philosophie de l'excellence accessible à tous, sans condition, nous inspire grandement.

Pour ce qui est du Kutiyattam, théâtre millénaire, son histoire fait la démonstration d'une formidable adaptation au contexte. En effet, théâtre de cour royale puis de temple réservé à une élite qui le finançait, il aurait pu s'éteindre au début du XXème siècle car les financements s'appauvrissaient et les artistes aussi. Mais une poignée de "visionnaires" a eu l'idée de progressivement sortir ce théâtre de son contexte élitiste et d'ouvrir son apprentissage à tous. C'est ainsi qu'il s'est internationalement fait connaitre et qu'il peut aujourd'hui s’enorgueillir d'une créativité foisonnante.
 

Mais l'intérêt pour ces théâtres n'est pas seulement philosophique. Le Kutiyattam est une source d'apprentissage pour le jeu théâtral.

Le jeu de l'actrice.eur de Kutiyattam se caractérise par la dissociation de tous les moyens d'expression (corps, mains, visage, yeux, sourcils, etc.) puis leur association consciente en représentation.

L'apprentissage de ce théâtre aide donc à connaitre son corps et ses potentialités expressives. Connaître son corps comme un instrument de musique que l'on peut utiliser pour susciter une émotion, raconter une histoire, jouer des personnages.

Le jeu de Kutiyattam est un jeu distancié. On y apprend des techniques physiques pour exprimer un sentiment mais l'actrice.eur ne se laisse jamais submerger par le sentiment décrit.
 

La technique de "changement de rôles" permet de raconter une histoire en interprétant tous les personnages, grâce un jeu physique précis et une technique d'agencement de l'espace et de distribution de la parole. L'apprentissage de cette technique est utile pour les conteuses.eurs et pour les seul.e.s en scène.
 

Le travail du regard, outil souvent négligé, est pourtant essentiel dans le travail d'actrice.eur car il finalise le personnage et lui donne toute sa cohérence dans l’œuvre. Dans le jeu de Kutiyattam, le regard relie tous les moyens d'expression et éveil le sentiment.

Le Kutiyattam est un style de représentation d'anciennes pièces de théâtre écrites en sanskrit. Comparables, par leur qualité et leur ancienneté, au théâtre grec, DRISTI aimerait également partager cette richesse littéraire peu connue, couplée à l'intrépidité digne des artistes de Kutiyattam qui déclament le texte puis l'expliquent à leur façon, librement. Une représentation de Kutiyattam alterne entre récitation du texte et libre explication improvisée suivant l'humeur de l'actrice.eur et son interaction avec le public.

Usha Nangyar dans Draupadi Nangyarkuttu, création. 2008. Cl. Leah Lowthrop.

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